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6- Modus operandi
D'un point de vue moral
Les bénéficiaires ne doivent pas devenir des assistés, ils doivent participer activement au projet et s’y impliquer pour le rendre pérenne. Rappelons la devise de l’A.U.I. : « Agir AVEC et non POUR ».
Il a donc été décidé de ne pas donner les bateaux comme s’ils tombaient du ciel, et de mettre financièrement à contribution les bénéficiaires. La solution semble normale, puisqu’il s’agit de la mise à disposition d’ou outil de travail, qui va générer des revenus. Mais en même temps, puisque nous ne sommes pas une société commerciale à but lucratif, le capital versé par les pêcheurs doit profiter à l’ensemble de la communauté sous forme d’une redistribution collective, qui permettra d’améliorer les chances de chacun, adulte et enfant, d’évoluer dans la société.
C'est la solution de micro-crédit équitable qui a été retenue.
En temps normal, le micro crédit est une formule qui permet aux plus pauvres d’emprunter une petite somme d’argent, pour acheter un outil de travail (en général, quelques dizaines de dollars), puis de la rembourser à un taux défini à l’organisme prêteur, avec des échéances à la semaine ou au mois. Comme pour la tontine africaine, un système de garantie mutuelle est mis en place : l’emprunteur désigne 5 personnes proches qui se substitueront à lui pour honorer les remboursements s’il fait défaut. Au final, la somme entièrement remboursée et les intérêts générés permettent de financer d’autres prêts.
Le micro crédit équitable fonctionne sur le même principe, mais seule une fraction de la somme initiale est remboursée, sans intérêt, avec des échéances à la semaine ou au mois. Par ailleurs, le premier remboursement n’intervient qu’à partir du troisième mois qui suit le prêt.
Exemple : pour un prêt de 300 €uros, le bénéficiaire ne remboursera que 2/3 de la somme, sans intérêts, sur trois ans, sous forme de mensualités de 5,5 €uros. A titre indicatif, les revenus moyens d’un pêcheur oscillent entre 60 et 120 € (2 à 4€ / jour).
D'un point de vue économique
Le tsunami a détruit, au Sri Lanka, plus de 30.000 bateaux. Cela provoque un engorgement de la plupart des entreprises de construction de bateaux en fibre de verre, et l’allongement des délais de fabrication, alors que le besoin des pêcheurs est urgent. Aujourd’hui, selon les entreprises consultés, les délais pour commencer la fabrication d’une centaine de bateaux oscillent entre 2 et 4 mois.
Par ailleurs, devant la forte demande, notamment de la part d’ONG, les prix des matières premières augmentent, et il est à prévoir que les fabricants appliquent tôt ou tard un tarif « rush » sur leur production, avec une inflation des prix de vente importante dans les mois à venir.
Pour des raisons d’organisation géographique, les entreprises de fabrication de bateaux en fibre de verre sont principalement installées autour de Negombo. Cet état de fait est dû à la proximité du grand port de Colombo, par où transitent la majeure partie des importations livrées par bateau. Les bateaux, fabriqués sur la côte Ouest, devront donc ensuite être livrés sur la côte Est.
Pour remédier à l’engorgement des commandes chez les fabricants de la côte Ouest, il est décidé de créer une unité de fabrication sur la côte Est, à Kallar dans un premier temps.
Cela aura plusieurs avantages :
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Maîtrise de la production
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Qualification de 15 à 20 personnes vers un autre métier pourvoyeur de revenus
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Economie des coûts de transports du produit fini (le transport de la matière première étant moins onéreux que ce dernier)
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Utilisation d’une niche géographique (la quasi totalité des fabricants est située historiquement sur la côte Ouest, pour les raisons géographiques décrites précédemment), et donc ouverture d’un marché local demandeur
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Offrir une alternative à la surcharge de travail ponctuelle des entreprises de l’Ouest.
Concrètement, il s’agit de passer une première commande de la moitié des 90 bateaux à une entreprise de Negombo, sur la côte Ouest, et de mettre à profit le temps d’attente avant le lancement de la production pour former une équipe à Kallar. Ainsi, passé les trois mois d’attente à l’ouest, la production pourrait commencer quasi simultanément des deux côtés de l’île. Avec 5 moules, le temps de fabrication pour 45 bateaux sera de 20 jours environ.
Les équipes de la côte Est seront formées par nos partenaires YMCA et CPD.
D'un point de vue environnemental
Les réserves locales de pêches sont limitées. Pour conserver une situation soutenable et éviter l’épuisement des ressources, il faudra veiller à ce que la reconstitution de la flotte n’entraîne pas une augmentation de la capacité de production. En effet, certaines personnes peuvent profiter de l’effet d’aubaine pour devenir pêcheur à leur tour, en profitant du projet pour obtenir un bateau, et déséquilibrer ainsi le fragile équilibre de l’écosystème, en puisant dans les réserves de poissons.
Pour éviter cet état de chose, seuls les pêcheurs inscrits dans l’une des deux coopératives de Periya Kallar avant le tsunami pourront bénéficier du système que nous mettront en place. La flotte de bateaux n’augmentera donc pas. Par ailleurs, la création de l’unité de production offrira un potentiel de 15 à 20 emplois, qui pourront être réservés en priorité aux pêcheurs qui ont envie d’ouvrir leur horizon professionnel et de bénéficier de revenus plus tables que ceux de la pêche. Dans ce cas, ils seront encouragés à rester au moins deux ans dans l’entreprise, afin de diminuer la flotte de pêcheurs quelques temps et permettre aux réserves de se reconstituer.
Projets communautaires liés
Avec l’argent remboursé par les pêcheurs pour le financement de leurs bateaux, des projets de protection sociale et d’éveil culturel seront développés. Il s’agit notamment de créer :
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Un fond d’assurance mutuelle pour financer une partie des dégâts sur un bateau, à la suite d’un accident
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Un fond d’assistance mutuelle pour aider financièrement une famille en détresse si le pêcheur tombe malade
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Une bibliothèque
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L’installation d’une salle de formation à Internet
Cette liste n’est bien sûr ni exhaustive, ni définitive. Les projets seront imaginés par les communautés concernées, étudiés et évalués avec elles. Des financements spécifiques pourront être recherchés pour les investissements trop importants qui ne peuvent découler des remboursements des bateaux par les pêcheurs.
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