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Du 29 décembre 2004 au 15 janvier 2005 :
l'intervention de première urgence

Le 29.12.2004, une équipe de 7 bénévoles de l'AUI avec 14 malles de matériel décolle pour Colombo. Polyvalente, notre équipe est à même d'intervenir sur plusieurs fronts : sauvetage-déblaiement, logistique, assainissement, soutien médical et psychologique, reconstruction. Un contact local du SCI nous attend dès la sortie de l'avion pour faciliter les démarches administratives et nous piloter jusqu'au lieu de rencontre avec les ONG locales.

Le SCI et MONLAR (développement agricole) sont actifs sur tout le territoire et leur collecte d'informations s'avérera précieuse pour orienter notre action sur le terrain. Après une concertation riche de renseignements, nous décidons d'intervenir à Periya-Kallar (10 km au Sud de Batticaloa, sur la côte Est), un village de pêcheurs délaissé par le gouvernement (territoire Tamoul) et les ONG.


Le Sri-Lanka dévasté par un tsunami... (Cliquez pour voir l'animation)
Retrouvez ces informations sur :
http://www.mapsofworld.com/world-news/clickable-south-asia-map.html

 

Nous mettrons 15h à faire le trajet en raison de l'état des routes côtières et des inondations à l'intérieur du pays. Arrivés tard dans la nuit, nous sommes accueillis par le responsable du YMCA local qui se révélera un soutien indéfectible et précieux dans nos rapports avec les autorités et les villageois.

 


Les maisons ont été dévastées par
la force du tsunami.

(Cliquez pour agrandir)

 

Le lendemain matin, une reconnaissance nous permet de prendre la mesure du cataclysme. Le village est très touché : l'océan a transformé en champs de ruines une bande large de 200 mètres. Les puits sont empoisonnés par l'eau salée et les kilos de sable, boue et débris végétaux qui les encombrent. Rien n'a encore été entrepris, la catastrophe aurait pu avoir lieu la veille. L'atmosphère semble congelée dans un silence de sépulcre alors que les rues ondoient sous les premiers feux du soleil matinal. Les pas de porte sont vides, les enfants muets, on s'interpelle à voix basse .Les habitants sont invisibles. Seuls quelques chiens faméliques et galeux traînent leur misère dans les rues.

 

 

Nous organisons une réunion avec les notables locaux qui nous brossent un tableau de la situation : la nourriture est assurée par la solidarité des Sri-lankais de l'intérieur du pays, le gouvernement s'occupe des camps mais la réhabilitation des lieux publics est la dernière priorité des habitants.
Ceux-ci, en effet, ne s'occupent que de leurs foyers respectifs, happés par les impératifs de la survie quotidienne. C'est pourtant primordial pour assurer un redressement de la communauté.
Une priorité se dégage donc : il faut remettre en état l'hôpital et ses dépendances (maison du médecin...). Nous nous y attelons aussitôt et demandons que soit battu le rappel de volontaires avec leurs outils.

 

Tâche difficile : les villageois sont apathiques, encore trop choqués pour agir  et nous demandons au SCI et au YMCA locaux de nous envoyer des équipes en renfort. Ils arriveront quelques jours plus tard. En attendant, nous fournissons aux habitants, rameutés par leurs chefs religieux, les outils de base : gants, pelles, houes, râteaux. Le travail est physique : les lieux ont été submergés sous presque deux mètres d'eau et l'intérieur comme l'extérieur de l'hôpital offrent le spectacle d'un enchevêtrement de troncs d'arbre, de meubles, de matériel médical agglomérés par le sable et la boue. Comme à l'accoutumé, il s'agit de jouer le rôle de locomotive en incitant à agir par l'exemple.

 


Nettoyage de la salle d'accouchement
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Le bruit des tronçonneuses nous attire beaucoup de spectateurs dont certains finiront par mettre la main à la pâte et rythme le travail. Nous dégageons et incinérons rapidement un corps et quelques cadavres d'animaux pour prévenir les risques sanitaires. De même, nous informons les volontaires du danger des seringues et des médicaments inutilisables qui polluent toute la zone.
Nous donnons quelques directives simples comme brûler le maximum et évacuer le reste sur un terrain adjacent par piles distinctes : meubles, matériel, gravats, boues.


Déblayage de l'extérieur de l'hôpital
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Nous répartissons notre équipe dans les différents groupes de travail pour coordonner le travail, mais également pour mettre en pratique le credo de l'AUI : Travailler AVEC et non POUR les gens. Les volontaires qui pour la plupart ont perdus des proches, sont fiers et heureux de travailler à notre contact et les rapports humains sont très chaleureux.
Dès lors, le travail avance rapidement, et après quelques jours, une partie de notre équipe peut se consacrer à d'autres tâches, aussi importantes : sécurisation de l'école (nous abattons les pans de mur instables) et problème des puits.

 

 

Chaque soir, avec les responsables d'équipe, nous palabrons longuement sous l'arbre qui orne la cour du YMCA pour commenter le travail de la journée et coordonner l'action du lendemain.
L'eau est un problème grave dans cette zone : même en temps normal, l'eau que fournissent les puits n'est pas consommable telle quelle : il faut la filtrer et la faire bouillir pour la rendre potable. Or, nous sommes en terrain sablonneux et le sol est saturé d'eau salée laissée par le Tsunami. Les nappes phréatiques sont donc beaucoup plus hautes, ce qui rend impossible l'épuisement des puits pour les curer et les désinfecter.

 


Nettoyage du puit du collège
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 Nous essayons de mettre en oeuvre deux pompes sur le même puits, sans réussir à faire baisser le niveau de manière significative. De plus, l'eau qui revient après pompage est aussi salée que celle que nous rejetons. Ce village va dépendre durant de longues semaines d'un ravitaillement extérieur en eau douce. Nous obtiendrons au bout de 10 jours de coups de téléphone quotidiens que le gouvernement dirige vers Periya-Kallar un premier chargement de 5000 litres d'eau potable fournis par une association hongroise. D'autres suivront. Des citernes d'un mètre cube seront à terme installées dans les rues, mais leur approvisionnement restera aléatoire.

 

 

Un autre problème sanitaire grave est celui des toilettes : il s'agit dans cette région de fosses qui se vident normalement par infiltration dans le sol, une vidange complète étant rarement nécessaire. Or, le sol saturé d'eau les rend inutilisables. Etant donné la concentration de population dans les lieux publics transformés en camps provisoires, il est urgent de trouver une solution.

Encore une fois, c'est à force de réunions assorties de communications téléphoniques quotidiennes avec les représentants locaux du gouvernement que nous obtiendrons que nous soit alloué un terrain d'épandage en hauteur (mousson oblige) et un camion pompe spécialisé.

 


L'équipe de nettoyage au complet...
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Enfin, dernier renfort inattendu : une frégate de la Royal Navy jette l'ancre en face du village le 08.01.2005 et envoie une équipe en reconnaissance. Deux jours plus tard, une équipe de 30 personnes débarque en quatre rotations d'hélicoptère qui produisent un gros effet sur les autochtones. Ils s'attellent à la désinfection de l'hôpital maintenant entièrement dégagé à l'aide du matériel qu'ils ont apporté et finissent de déblayer les abords. Ils tentent également de vider les puits avec une pompe plus puissante mais le sol n'a pas encore assez dégorgé son eau salée. Ils fournissent également une assistance médicale à la petite équipe locale qui a repris depuis quelques jours les consultations dans les premières salles nettoyées de l'hôpital.

 


Les équipes AUI, SCI et YMCA
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Notre mission touche maintenant à sa fin et lors des briefing du soir, nous laissons désormais les chefs des autres équipes (SCI et YMCA) prendre les initiatives et les laissons débattre entre eux en intervenant aussi peu que possible. De même, nous préférons les laisser parler lors des indispensables coups de téléphone pour relancer le gouvernement. Il s'agit de partir en laissant derrière nous une équipe capable de prendre la relève et de continuer l'action que nous avons initiée.

Nous quittons le village le 13.01.2005, avec une liste de contacts qui nous permettrons de collecter les informations qui nous manquent pour une mission de reconstruction future.

 

 

Mise à jour le : 21/06/2009
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