Action d'Urgence Internationale
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COMMUNIQUE DE PRESSE


Intervention de l'équipe de l' Action d'urgence Internationale (AUI) à Al Hoceima au Maroc pour tenter de sauver les personnes ensevelies sous les décombres et analyser les causes de destruction des habitations en milieu rural.

Une équipe de 9 personnes bénévoles de l'Action d'Urgence Internationale, composée de 8 femmes et un maître chien s'est rendue dans la région d'Al Hoceima  où a sévi un tremblement de terre de magnitude 6,3 sur l'échelle de Richter le mardi 24 février à 2h27 du matin.

L'équipe AUI a travaillé sur la zone sinistrée du 26 février au 2 mars 2004.

A leur arrivée sur la zone sinistrée, 72 Heures après la première secousse, l'équipe A.U.I a constaté que les besoins en recherche de personnes ensevelies avaient été pourvus.
En effet, ceci s'explique d'une part grâce à l'arrivée rapide des secours marocains et internationaux ( comme la protection civile française )sur la zone, notamment dans les villes d'Imzouren et d'Aït Kamara.
Et d'autre part , par la nature des matériaux et techniques de construction ,utilisés en zone rurale où l'habitat humain est de faible hauteur ( Rez de chaussée et parfois 1 étage) composé majoritairement de pierres et de terre, construit sans chaînage  qui se sont écroulés comme des châteaux de cartes.
Ainsi, les victimes sont soit décédées rapidement, soit ont été assommées par le poids des matériaux ou asphyxiées par les poussières résultant de l'écroulement des murs.
Parallèlement, beaucoup de personnes ont pu sortir de leur maison avant les éboulements ou être rapidement sauvées et sorties des décombres par des voisins ou des proches, par déblaiement des pierres les unes après les autres.

A ce jour, le bilan reste lourd : 572 morts, plus de 400 blessés et la quasi-totalité de la population à secourir en matière d' hébergement ( tentes ) , de couvertures ( nuit très froide ) , de suivi des besoins en aide alimentaire et médicale, d'aide psychologique post-traumatiques et d'évaluation et recommandations en techniques de reconstruction para-sismiques en continuant d'utiliser les matériaux de construction locaux disponibles .

L'équipe de l'AUI a donc centré ses efforts sur deux axes.

1-  Evaluation technique pour la reconstruction :
Pour répondre à un besoin en matière d'évaluation technique des constructions en milieu rural d' une ONG espagnole, LPDM implantée depuis 6 ans sur la région, l'équipe AUI s'est penchée sur l'analyse des causes de l'effondrement des maisons en zone rurale dans la commune de Rouadi. Ce travail  de terrain " constat technique " ( photos, plans, échantillons,… ), sera étudié et analysé en France par un groupe d'experts en parasismiques , également membres de l' AUI ,afin de produire une liste de recommandations techniques para-sismiques avec utilisation des matériaux locaux .Dans un 2ème temps ce projet pourra être complété concrètement ( sous réserve de financement suffisant )par l'envoi d'un technicien maçon en para sismique terre , pour des sessions de formation  construction auprès des maçons marocains de cette région.

2- Cellule d'écoute et de soutien auprès des sinistrés :
L'équipe A.U.I , comme sur toutes ses interventions, a pris le temps d'écouter , de rassurer , de jouer avec les enfants, de prendre la temps qu'il fallait pour soutenir les familles touchées par la catastrophe, en complément de la  distribution rapide des tentes et autres aides urgentes ( pain, … ).
A l'heure actuelle, la peur reste très présente même 5 jours après la première secousse. Malgré des nuits froides, en cette période et dans cette région du Rif, la quasi-totalité de la population dort dehors, même les personnes dont les maisons construites solidement, ont bien résisté aux secousses. La force du grondement de la terre hante les esprits et les coeurs. En effet, les nombreuses répliques qui ont lieu chaque jour ( jusqu' à un niveau de 4 sur l'échelle de Richter ) n'ont rien de rassurant. Dans un tel contexte, on comprend que la distribution des vivres de première nécessité, dans le cas présent des tentes et des couvertures, ne soient pas aisées pour les autorités locales et les ONG car ces dernières familles n'ont pas été comptabilisés dans les besoins de distribution des tentes.
Les critères de distribution des tentes sont par ordre de priorité :  familles ayant perdu plusieurs de leurs membres ou blessés  puis les personnes les plus vulnérables ( enfants orphelins, femmes veuves avec enfants en bas âge, les familles ayant peu de revenus et/ou ayant perdu tout leur bétail qui représentait leur source de revenus ou tout leur récolte ensevelie sous les décombres).

L'aide nationale et internationale arrive par voie aérienne et voie terrestre de manière incessante depuis la première secousse sur le petit aéroport d'Al Hocéima qui ne peut accueillir que 3 avions en même temps. Les militaires assurent le transport, la gendarmerie royale la sécurité des lieux de stockage et de transit ainsi que des livraisons et des points de distribution, la protection civile s'occupe notamment du ravitaillement en zone rurale par hélicoptère. Depuis quelques jours, chaque responsable de douar ( village ), soutenu par les différentes Ongs et Croissant Rouge Marocain, a actuellement la lourde tâche de se lancer dans la distribution de l'aide alors que les quantités de tentes arrivées ne permettent pas de satisfaire la demande de la totalité des habitants, d'où certaines émeutes entre villageois et contre les organisations de secours.

L'équipe de l'AUI cite d'ores et déjà différents enjeux auxquels vont devoir faire face les multiples acteurs présents sur le terrain :

  • La poursuite de la distribution de tentes et de couvertures à un bon rythme
  • Les enjeux d'hygiène et assainissement en zone rurale dûs à la présence d'un nombreux bétail mort sous les décombres
  • Les enjeux d'hygiène et assainissement en zone citadine ( camp de sinistrés dans les cours d'école bitumés, canalisations d'eaux usées touchées , …)
  • Le suivi médical des personnes blessées ayant été soignées une première fois et ayant regagnées leur lieu de vie
  • Le soutien psychologique de cette population, notamment des familles les plus fragilisées
    mais également la majorité de la population qui ont peur de rentrer dans leur maison non touchée par le séisme.
  • L' évaluation technique des bâtiments et maisons par des techniciens des pouvoirs publics afin d'attester les constructions non dangereuses, facilitant ainsi le retour dans les demeures pour beaucoup de familles.
  • Commencer à penser et appliquer les techniques de reconstruction en para-sismique dans le but d'atténuer  l'impact des dégâts d'un probable tremblement de terre à venir dans la région située à l'intersection des plaques Africaine et Eurasienne.





     

Mise à jour le : 21/06/2009
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